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Biographie de Louise TROIVILLE (1885-1939) :

Chapitre 3 : Louise TROIVILLE en Corrèze (1901-1906) et ses propriétés corréziennes (1901-1931)

 

Une étude des cadastres successifs de La Roche-Canillac aux Archives départementales de Corrèze nous a permis d'obtenir des éléments supplémentaires sur la vie de Louise TROIVILLE. On découvre ainsi qu'elle a possédé plusieurs propriétés sur le territoire de la commune entre 1901 et 1931.

1. La Propriété A 143 à La Roche-Canillac haute

Entre 1901 et 1905, Louise TROIVILLE est déclarée propriétaire de "terrains bâtis" à La Roche-Canillac haute (Source : cadastre napoléonien relevé en 1835, mis à jour en 1882 et complété jusqu'en 1911). La propriété se situe dans la Section A. Il s'agit de la parcelle n°143 dénommée La Combe et composée d'une Maison d'habitation. Sur le registre, la parcelle est passée de la cote 107 à la cote.... (?) (illisible) - La maison est devenue propriété de Louise TROIVILLE en 1901 (entrée en mutation) et elle a été transmise à quelqu'un d'autre en 1905 (sortie de mutation). On apprend que cette maison était composée de 8 ouvertures et qu'elle appartenait avant 1901 à "Gynette GUILLOT, demeurant à Paris, nue-propriétaire par AUSSOLEIL J. ".

Louise TROIVILLE n'a que 15 ans, en 1901, quand elle devient propriétaire de cette maison ! Pourquoi une si jeune file devient-elle propriétaire d'une si grande bâtisse ? A qui appartenait-elle réellement auparavant ? Qui est ce J. AUSOLEIL et cette GYnette GUILLOT ? Est-ce une maison héritée de son père qui ne l'a pas reconnue ? En a-t-elle hérité de quelqu'un d'autre ? De qui et pourquoi ? A-t-elle acheté cette maison ? C'est peu probable car elle n'avait que 15 ans. Pourquoi, en 1901, juste après cette acquisition, quitte-telle la France pour les Etats-Unis ? Pourquoi a-t-elle revendue (ou cédé) la maison en 1905 ?
Hélas, la loi des 100 ans nous empêche d'avoir accès aux minutes notariales de ces ventes ou héritages.

Nos investigations ont démontré qu'aucun autre de ses frères et soeurs n'est devenu propriétaire de maisons ou de terres à la Roche-Canillac à cette période (Source : cadastre napoléonien relevé en 1835, mis à jour en 1882 et complété jusqu'en 1911). Cette constatation nous laisse penser que cet "héritage" pourrait être lié au père inconnu de Louise TROIVILLE ...

Nous avons également effectué des recherches sur les "tables décennales des registres d'état-civil de la Roche-Canillac 1802-1902" afin de savoir qui pouvait bien être l'ancien propriétaire, "J. AUSSOLEIL".

Plusieurs AUSSOLEIL ou AUSOLEIL vivent à cette époque à la Roche-Canillac. Les seuls "AUSSOLEIL J." cités dans les tables décennales sont des Jean, des Jules ou des Joseph. Il est peu probable que ce soit un "Jean Baptiste" : les initiales auraient été "JB" (sauf si la personne a été prénommée Jean Baptiste à sa naissance puis dénommée seulement "J." dans la vie courante). Il peut également s'agir d'une femme prénommée "Jeanne". Enfin, les prénoms étant tellement interchangeables dans notre Corrèze des XIXème et XXème siècles qu'il peut s'agir d'un Pierre que tout le monde prénomme Jean...!

Aucun AUSSOLEIL "J." ne décède à La Roche-Canillac en 1901 ou au cours des deux ou trois années précédentes. Plusieurs sont nés ou se sont mariés sur la commune au fil des décennies précédentes mais nous n'avons actuellement que des suppositions et aucune piste fiable.

Gynette GUILLOT demeurait à Paris en 1901. Il conviendrait de s'assurer, auprès des mairies de Paris, que J. AUSSOLEIL ne soit pas décédé à Paris entre 1897 et 1901.

Aucune GUILLOT Gynette n'est par ailleurs présente sur les tables décennales de La Roche-Canillac entre 1802 et 1902; ce patronyme est par ailleurs totalement inconnu dans cette commune. Il nous faudra certainement rechercher ces deux personnes sur Paris au début du 20ème siècle (registres d'état-civil et recensements de population dès 1906).

La notion de "nue-propriétaire par " nous a interpellé et nous avons essayé de comprendre ce qu'elle signifait concrêtement. Un correspondant juriste nous a aisni signalé que J. AUSSOLEIL pourrait être le père ou la mère de Gynette GUILLOT. La maison aurait pu appartenir à J. AUSSOLEIL qui serait décédé laissant sa femme ou son mari usufruitier (ère), par testament ou donation, et sa fille, en l'occurence ici, Gynette GUILLOT, nue-propriétaire par succession. Toutefois, aucun lien n'est ici établi avec Louise TROIVILLE.

Notice juridique expliquant ce qu'est la nue-propriété :

L’usufruit est plus qu’une modalité de la propriété, c’est un démembrement = Jouissance + droit d’usage à l’usufruitier ; le reste de la propriété au nu-propriétaire.

La nue-propriété est le troisième et dernier des trois éléments en lesquels peut se décomposer le droit de propriété : l'usage, le droit aux fruits et le droit de disposition. Les deux premiers seuls constituent l'usufruit. Le démembrement de la propriété en usufruit et nue-propriété est régi par les articles 578 à 624 du Code Civil. Notamment, les articles 605 et 606 définissent les charges qui restent incomber au nu-propriétaire, à savoir les grosses réparations. Le démembrement de la propriété se rencontre très fréquemment à l'issue des successions.

(Voir site juridique expliquant les notions d'usufruit et de nue-propriété)

 

Il est également à noter que la maison qui entre en possession de Louise TROIVILLE en 1901 est une bâtisse relativement grande pour l'époque et la commune. Elle possède "8 ouvertures", alors que, selon le cadastre, la plupart des maisons de La Roche-Canillac n'en ont que 2. Ne possédant pas le plan cadastral parcellaire pour la section "A" située à La Roche-Canillac haute, nous ne savons pas encore où se trouve cette maison. Il nous paraît indispensable de rechercher le plan cadastral de la Roche-haute lors d'une prochaine visite aux Archives départementales de Corrèze.

 

2. Louise TROIVILLE en 1905 et 1906.

Le 25 juin 1905, Louise TROIVILLE est légitimée par sa mère qui se déplace en mairie de La Roche-Canillac (19) pour reconnaître, en une seule fois, tous ses enfants encore en vie. Louise n'avait, en effet, pas été déclarée à la naissance par sa mère et sa mère n'avait pas été la reconnaître en mairie après ses relevailles. Toutefois rien ne prouve la présence de Louise à La Roche-Canillac à cette occasion.

Louise TROIVILLE est dite demeurant à La Roche-Canillac le 1er janvier 1906 lors du recensement de population. Est-ce une réalité ou Louise avait-elle déjà "fui" sur Paris ou ailleurs ?

 

3. La Propriété B 327 à La Roche-Canillac basse.

Entre 1907 et 1931, Louise TROIVILLE est également propriétaire de terrains bâtis à La Roche-Canillac basse (Source : cadastre napoléonien relevé en 1835, mis à jour en 1882 et complété jusqu'en 1911). la propriété est située dans la Section B et se compose de la parcelle 327. Elle se trouve sur le territoire de La Roche basse. Elle est composée d'une Maison d'habitation dont la cote est tirée de 114. Cette demeure possède 1 à 2 ouvertures "autres catégories". Louise en devient propriétaire en 1907 (entrée en mutation).

Louise en demeure propriétaire jusqu'en 1931 (Source : cadastre napoléonien relevé en 1835, mis à jour en 1882, complété en 1911, puis de 1911 à 1934). La propriété est toujours en Section B 327. La cote est passée à la case 94 (ex-case 136). La mutation se poursuit en 1911 mais s'achève en 1931 (démolition de la maison). La maison est dite à 1 à 2 ouvertures. Elle équivaut pour les impôts fonciers à un revenu de 11,25 francs en 1911 et de 18,75 francs en 1926.

 

Extrait de la Section B du cadastre napoléonien (1835) de La Roche-Canillac, zone dite "La Masure du Château", actuelle place de la Roche basse.

(Lire un site web expliquant le cadastre parcellaire napoléonien)

Zoom sur les parcelles 312 à 338 de la section B (la plupart étaient autrefois des propriétés TROIVILLE), cadastre napoléonien (1835).

Cadastre napoléonien (1835), section B, parcelle 327 (le terrain et les maisons). A noter l'emplacement des nouvelles habitations.

La Roche-Canillac basse au début du 20ème siècle (Carte postale ancienne). Au centre la parcelle B 327.

La Roche-Canillac basse aujourd'hui. En bas à gauche, la parcelle B327.

Note : aucune maison ne semble avoir été détruite entre l'image du début du 20ème siècle et l'image actuelle. Où se situe la maison, dite par le cadastre, détruite en 1931 ? Il est cependant possible que la première photographie ait été prise après 1931 ...

La Roche-Canillac basse au début du 20ème siècle). Au centre la parcelle 327 B.

 

Louise TROIVILLE a-t-elle acheté une propriété en Corrèze à la Roche-Canillac basse en 1907 (entrée en mutation) ? En -a-t-elle hérité ? Si oui, de qui ? S'est-elle rendue en Corrèze à cette occasion ou a-t-elle donné une procuration à un membre de sa famille pour recevoir cette propriété ? Cette seconde solution est la plus probable.

Il nous faudra donc chercher, dans les archives notariales de Corrèze, une trace de cette procuration et de cet achat. Hélas, pour l'instant, les "Archives départementales de Corrèze" nous refusent l'accès aux minutes notariales de moins de 100 ans.

Le "Bureau des Hypothèques" de Tulle (Corrèze, 19), à qui nous avons demandé un "Historique de propriété" pour les maisons qu'aurait possédé Louise TROIVILLE entre 1901 et 1931, nous a déclaré avoir versé toutes ses archives aux Archives départementales de Tulle...

Il nous faudrait peut-être contacter le notaire ayant acquis la charge des minutes notariales de la Roche-Canillac à cette époque et éventuellement demander une autorisation au Procureur de la République, en justifiant de notre parenté avec Louise TROIVILLE..., le tout afin de pouvoir malgré tout accéder aux archives protégées. Long et compliqué !

Il faut aussi nous interroger sur la raison de l'achat d'une propriété corrèzienne un an après l'arrivée de Louise TROIVILLE à Chicago... Etait-ce pour y loger sa mère ? C'est fort probable ! Etai-ce pour y loger un autre membre de sa famille (mais qui ? Tous ses frères et soeurs habitaient Paris ou possédaient déjà une habitation sur la commune) ? Etait-ce pour la louer et se constituer une rente ? Louise TROIVILLE a-t-elle jamais mis les pieds dans cette maison ? Pourquoi la maison a-t-elle été démolie en 1931. Est-ce sur un ordre de Louise (donné de Chicago ?) ou lié à une cause naturelle ?

Il n'a pas été possible de repérer précisément, sur le cadastre parcellaire, la maison où Anna TROIVILLE a élevé ses 8 enfants. Toutefois, il est à noter que cette maison se situe "sur" ou "à proximité immédiate" de la parcelle n°B 327.

Nous pourrions aussi rechercher, aux Archives départementales de Tulle, qui étaient les anciens propriétaires de cette parcelle n°327 entre 1835 et 1907. Mais il est peu probable que cela nous apporte des informations complémentaires sur Louise TROIVILLE.

 

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